Consommation avec ou sans modération

Marianne Hurstel était notre invitée dans l'émission ENGAGE Calls, mercredi 15 juillet 2020.


Directrice de la stratégie BETC, elle analyse l'évolution des attentes consommateurs suite au choc de la crise sanitaire, et nous parle de la responsabilité partagée entre les citoyens et les entreprises dans la réinvention de notre modèle économique. Elle discute également le rôle de la communication et de la publicité dans sa transformation. Elle s'appuie notamment sur deux études mondiales menées par BETC et le groupe Les Echos-Parisiens sur les aspirations et attentes des citoyens consommateurs réalisées pendant la crise du COVID-19.


Au programme :

- L'article l Une interview de notre invitée

- Le récap' l Le replay de son intervention accompagné d'une synthèse

- Pour aller plus loin... l Des ressources pour approfondir les sujets abordés



D’abord, suite au choc sans précédent de la crise sanitaire, la première observation est une radicalisation de la volonté de changement des populations.

D’une part, les personnes sensibles aux enjeux planétaires qui étaient jusqu’alors plutôt optimistes et favorables à la stratégie des petits pas semblent prendre conscience de la nécessité d’une transformation profonde de la société et de la restriction de certaines libertés individuelles. Par exemple via un projet politique ambitieux, comme la mise en œuvre des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat.


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Dépolarisons-nous - Marianne Hurstel


🎙Écouter le replay de l'émission en format podcast


Nous assistons à la montée d’une forme de radicalité dans le désir des citoyens, Quelles ont été les principales conclusions de votre étude à ce sujet?


Cette étude a été démarrée avant la pandémie du COVID. Elle consistait à envisager les possibles réactions face aux enjeux de demain. Elle a été menée dans 28 pays, ce qui rend une comparaison intéressante.

  • La première remarque concerne les enjeux interconnectés autour de la crise du COVID.

54% des gens considèrent que « la crise du COVID n’aurait pas eu lieu si l’on avait plus fait attention à la planète » et 76% « ont plus peur de la crise économique que sanitaire ».

  • La deuxième nous montre que l’opinion considère la pandémie comme dernier appel face à l’urgence climatique

  • Enfin cette étude met en exergue une crise démocratique en essor: Nous assistons à une radicalisation de plus en plus forte concernant la crise climatique et à une contestation au regard de la capacité du modèle démocratique à faire face aux enjeux du changement climatique, notamment en Allemagne et en France.


Une société qui se polarise entre des groupes de plus en plus disjoints?


On assiste à une polarisation des valeurs qui va définir deux groupes distincts:

  • fight for survival: Pour se rassurer face au sentiment d’anxiété, on cherche une autorité, des règles et se tourner vers des marques patrimoniales (qui existent depuis toujours). Ce groupe a oublié l’écologie car son enjeu est de survivre aujourd’hui.

  • fight for transformation: ceux.elles qui veulent la réinvention. Ce groupe pense avant tout au monde de demain.

Il n’y a pas de groupe dominant, on est sur une répartition 50/50.

Cette polarité se manifeste à travers plusieurs éléments de défiance:

  • la confiance par rapport à ses voisins

  • la citoyenneté et la surveillance: 50% souhaitent plus d’autorité / 50% le contraire

  • l’ouverture des frontières

Les tendances générales


I - Le rôle des entreprises

Pour la première fois, l’opinion sur les grandes entreprises devient positive. 67% des sondé.es se sont rendus compte que les grands groupes avaient joué un rôle important en se substituant à un État un peu défaillant. 71% considèrent que les grandes entreprises ont plus de chance de provoquer un changement positif.


II - les produits

On assiste à une tendance qui unit la baisse du pouvoir d’achat et de l'écologie.

La consommation locale prend de nouvelles dimensions, nous assistons içi à un cercle vertueux.

Les attentes autour des entreprises reposent autour de la lutte contre l’obsolescence, la production de produits qui durent dans le temps (notamment à travers la réparation de ceux-çi)


III - Les attentes autour des médias

93% des sondé.es préfèrent une attitude positive afin de susciter l’inspiration des gens. La tendance générale porte un désir d’espoir et d’optimisme.



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📄 Etude IPSOS : Qu'attendent les Francais des grandes entreprises?


📄 Franceinfo : Le climat ne peut pas attendre la fin de la pandémie


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